Les troubles alimentaires chez les enfants et les préadolescents

Que sont les troubles des conduites alimentaires ?

Les troubles des conduites alimentaires sont la conséquence de facteurs génétiques, neurologiques et psychologiques. Ils sont également influencés par des facteurs environnementaux, notamment, la surmédiatisation d’un idéal de maigreur dans les sociétés occidentales.

Les troubles alimentaires touchent le plus souvent des jeunes filles et débutent dans la période prépubertaire. Ils évoluent très souvent sur plusieurs années.

Dépistage

Les troubles des conduites alimentaires débutent majoritairement à l’adolescence vers 12-14 ans. C’est une période où sont vécus de nombreux changements physiques avec une prise de poids régulièrement marquée et notamment une augmentation de la masse grasse chez les jeunes filles. On observe également une certaine prévalence prépubertaire vers 9-11 ans.

Les troubles des conduites alimentaires sont d’origine multifactorielle. Il n’y a pas un élément en particulier qui déclenche la maladie. Ce sont plusieurs faits qui vont générer un mal-être considérable tels qu’une anxiété accrue, la dépression, une vulnérabilité psychologique, un sentiment d’insécurité affective, une faible estime de soi. Il n’y a pas non plus d’événements déclencheurs spécifiques (rupture sentimentale, un deuil).

Les troubles alimentaires arrivent la plupart du temps après la mise en place d’un régime pour faire disparaître un certain surpoids (réel ou imaginé). Au début de la perte de poids, les personnes se sentent souvent en confiance car valorisées par leur entourage. Cette attitude soutenante les encourage fréquemment à poursuivre la perte de poids. C’est là que commence souvent le cercle vicieux.

On peut également observer une perte d’appétit, une diminution des quantités ingérées à table, une sélection précise des aliments (aliments « régime », hypocaloriques), une augmentation de l’activité physique soudaine, une perte de poids et enfin un isolement de plus en plus important.

Ce contrôle exercé sur le poids et la quantité d’aliments mangée donne une sensation de maîtrise et de victoire sur les personnes souffrant de ces troubles, leur estime de soi en dépend. Les troubles des conduites alimentaires sont souvent mis en place, involontairement, comme un moyen pour contrôler leurs émotions négatives lorsqu’elles deviennent trop importantes. Ce n’est plus une question de volonté, la maladie prend le contrôle sur les moindres décisions de leur vies quotidiennes.

Quelle attitude adopter face à ces maladies ?

Il est très difficile de savoir comment se comporter face à ces maladies. Il faut beaucoup de patience, de délicatesse et d’écoute.

Etre parent d’enfants ou d’adolescents qui souffrent de ces troubles peut faire vivre un sentiment important d’impuissance. Vous n’êtes pas seuls, ce sentiment est également présent pour le personnel soignant qui traite ces maladies. Par exemple, les premières consultations pour les anorexiques sont souvent compliquées pour les client(e)s car ils/elles considèrent rarement que la restriction est un problème et qu’il peut être dangereux.

Les boulimiques sont plus souvent prêts à faire la démarche et à l’investir lorsqu’ils viennent consulter pour la première fois.

L’entourage (particulièrement la famille) aura tendance à vouloir intervenir à chaque repas. Il est fortement recommandé pour l’entourage d’essayer de ne pas s’immiscer, malgré l’inquiétude légitime que cela peut générer. La sensation de faim devient un moyen, comme une drogue, pour le client de se sentir exister et d’entrer en contact avec lui-même. Au plus l’entourage tentera de contrôler les repas, au plus la personne souffrante se sentira honteuse et voudra contrôler davantage en cachette. La sensation d’être surveillé ne fait qu’accroître le besoin de contrôle, la culpabilité et la restriction car ce contrôle mis en place représente le seul domaine qui leur appartient et sur lequel ils ont la main mise. En intervenant sur leurs comportements, leurs symptômes n’auront plus la place de s’exprimer alors qu’ils sont justement là pour manifester leur mal-être faute de pouvoir faire autrement.

Aussi, le fait de générer de l’inquiétude chez l’entourage provoque également un sentiment de culpabilité très forte. Les clients ont la sensation d’être un fardeau pour leur famille et de ne pas avoir réussi à exceller dans leur démarche. Ils auront donc tendance à se renfermer pour protéger leurs proches. L’isolement est un facteur aggravant des troubles alimentaires car, au plus le client garde pour lui ses émotions et ne les verbalise pas, au plus il va chercher à s’apaiser dans des compulsions alimentaires ou à l’inverse en se restreignant davantage.

Les personnes anorexiques et boulimiques ne se perçoivent souvent pas tels qu’elles sont physiquement. On parle de distorsions de l’image corporelle. Le besoin de contrôler l’alimentation leur permet de se sentir plus fortes, pleines de volonté et ça n’est que lorsqu’elles réussissent à maintenir le contrôle sur du long terme qu’elles auront la sensation d’avoir davantage de compétences et de qualités morales. Encore une fois, elles ne peuvent pas agir autrement, cela ne dépend plus de leur volonté.

L’écoute est primordiale. Un discours qui semble anodin peut être interprété complètement différemment par les personnes atteintes de troubles alimentaires. Leur sensibilité au jugement peut générer des incompréhensions et des blessures involontaires. Il est très important de toujours vérifier comment le message a été véhiculé et s’il a été entendu de la bonne manière.

Les troubles alimentaires sont assimilés à une dépendance à la drogue, le client atteint de troubles alimentaires a besoin d’être soutenu tout au long de sa démarche et encouragé. Ses progrès doivent être mis en valeur car c’est un combat long et extrêmement douloureux. Vous pouvez également trouver du soutien auprès d’associations qui organisent des réunions en groupes afin de pouvoir parler de vos propres difficultés. Lorsqu’un membre d’une famille est touché par la maladie, c’est toute la famille qui en souffre.


Aneb Québec, 5500 Transcanadienne, Pointe Claire (Québec) H9R 1B6,514-630-0907 ou 1-800-630-0907 (sans frais)

Hôpital de Montréal pour enfants / Montreal Children’s Hospital Clinique pour les troubles alimentaire,1040 Atwater, suite W105, Montréal (Québec) H3Z 1X3, 514-412-4481

Institut Douglas,Programme des troubles de l’alimentation, 6603-6605 boulevard LaSalle,Montréal (Québec) H4H1R3

CHU Sainte Justine, 3175 Chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1C5, 514-345-4931

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