Se « geler » par la nourriture : Les troubles du comportement alimentaire

Vivez-vous avec un proche qui souffre d’anorexie, de boulimie, ou qui a une relation malsaine avec la nourriture? Avez-vous, vous-même, un trouble du comportement alimentaire (TCA)? Soupçonnez-vous qu’un de vos êtres chers vive avec les souffrances d’un TCA? Si vous avez répondu oui à quelconque des questions ci-dessus, je vous invite à lire l’article suivant. En quelques lignes, je tenterai de vous expliquer ce que sont les TCA, comment ceux-ci peuvent affecter la vie d’une personne et leurs causes possibles.

Un trouble qui va au-delà de ce qu’on voit dans l’assiette

Même si, d’un œil extérieur, les premiers signes détectables d’une personne ayant un TCA sont souvent reliés à l’acte de manger (ou pas), il n’en n’est pas moins que ce qui entraîne le développement d’un TCA ou une relation malsaine face à l’alimentation consiste en de multiples facteurs intrinsèques. C’est-à-dire qu’avant l’apparition de symptômes visibles, une grande détresse intérieure habite une personne aux prises avec un TCA. Si vous cherchez à aider une personne atteinte d’un TCA, n’oubliez jamais ceci.

Une manière d’éviter à confronter la détresse? Une échappatoire?

Il important de savoir que chaque personne aux prises avec un TCA a une histoire différente et que le TCA s’est développé dans des contextes et pour des raisons différentes. Chez chaque personne, le TCA joue un rôle unique. Malgré tout, il est même possible de faire des comparables. Dans ma pratique, j’ai pu remarquer que, souvent, un TCA se développe suite à un mal de vivre, une inacceptation de soi, un désir de changer son corps afin de s’aimer plus etc. Une personne, voyant les résultats espérés (souvent une perte de poids), mesurera sa valeur à son contrôle et à son accomplissement (du point de vue d’un professionnel de la santé, il s’agit plutôt d’un accomplissement de destruction – mais qui pour une personne atteinte d’un TCA, s’agit alors d’un accomplissement du contrôle qu’elle est capable d’exercer et qui lui permet de s’empêcher de vivre ses émotions. En ce sens, le TCA permet à la personne de s’échapper, de fuir les réalités de la vie, au même titre qu’un toxicomane «se gèle» pour s’évader…) À l’inverse, si la personne perd le contrôle et n’arrive plus à maintenir ses actions, alors là, l’humeur devient complètement maussade. Certaines personnes peuvent même développer des pensées suicidaires. Notons que même dans le contrôle ou la perte de contrôle, la personne s’éloigne de ses vraies émotions, et se retrouve donc à «se geler» avec la nourriture. À ce point, une personne atteinte d’un TCA ne juge plus sa valeur à la personne qu’elle est avec ses qualités et ses défauts, mais bien par son apparence physique et sa réussite/capacité à faire souffrir son corps afin d’atteindre son idéal.

Une maladie qui se développe de manière multifactorielle

Tout comme il existe plusieurs fonctions du TCA, il existe tout autant de facteurs qui contribuent au développement de la maladie chez une personne prédisposée. Les messages véhiculés par la société, l’environnement, le contexte familial, ainsi que des facteurs individuels tel qu’une faible estime de soi ou une puberté précaire peuvent tous contribuer, à leur manière, au développement d’un TCA. Afin d’en connaître plus sur les causes et éléments déclencheurs des TCA, je vous invite à lire l’article de Aimé, A et Bégin, C (2007) «Modèle conceptuel du développement et du maintien des troubles des conduites alimentaires».

Acceptation, support et appui

Comme vous aurez pu constater avec cet article, les TCA sont des maladies très complexes et qui peuvent être difficiles, voire impossibles à comprendre pour la personne malade ainsi que pour les proches. Rappelez-vous que les gens avec un TCA sont très souffrants et qu’ultimement ce qu’ils/elles ont besoin sont du réconfort, du soutien et un appui inconditionnel de la part de leurs proches. Un suivi multidisciplinaire avec des professionnels de la santé spécialisés dans le traitement des TCA est également une option à ne pas négliger, voire indispensable.

1 réponse
  1. Tamara
    Tamara dit :

    Merci pour cet article, fort intéressant et nomme une réalité jusqu’à tout récemment était simplement une question de volonté. Sous cette bataille avec la nourriture, se cache souvent un mal être.

    Répondre

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