Les troubles alimentaires chez les enfants et les préadolescents

Les troubles alimentaires chez les enfants sont relativement fréquents. Ils représentent environ 25 à 35% de la population infantile. Les problèmes les plus sérieux apparaissent lorsqu’il y a un refus de s’alimenter qui peut s’associer à un déficit – voire un arrêt – de la croissance. Une prise en charge psychologique et médicale de l’enfant est primordiale, mais il est aussi extrêmement important d’impliquer les différents membres de la famille afin d’optimiser le suivi.

Il existe plusieurs troubles des conduites alimentaires chez les enfants définis dans le DSM V (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) dont le pica, le mérycisme et les troubles de l’alimentation de la première ou deuxième enfance.

Une prise en charge psychologique et médicale de l’enfant est primordiale, mais il est aussi extrêmement important d’impliquer les différents membres de la famille afin d’optimiser le suivi.

Pica

Le pica correspond à l’ingestion répétée de substances non-nutritives pendant une période d’au moins 1 mois. Cette ingestion ne correspond pas au niveau du développement et le comportement ne représente pas une pratique culturellement admise.

Mérycisme

Les critères diagnostiques du mérycisme sont décrits par la régurgitation répétée et la remastication de la nourriture, pendant une période d’au moins 1 mois à la suite d’une période de fonctionnement normal. Le comportement n’est pas dû à une maladie gastro-intestinale ni à une autre affection médicale générale associée. Enfin, le comportement ne survient pas exclusivement au cours d’une anorexie mentale ou d’une boulimie.

Trouble de l’alimentation de la première ou deuxième enfance

Ce trouble est caractérisé par des difficultés d’alimentation manifestées par une incapacité persistante du nourrisson ou de l’enfant à manger de façon appropriée, avec absence de prise de poids ou perte de poids significative pendant au moins 1 mois. La perturbation n’est pas due à une maladie gastro-intestinale ni à une autre affection médicale générale associée et la perturbation n’est pas mieux expliquée par un autre trouble mental ni par l’absence de nourriture disponible. Ce trouble doit avoir débuté avant l’âge de 6 ans.

Après l’âge de 6 ans, on observe parfois et, de plus en plus, les mêmes troubles des conduites alimentaires que ceux rencontrés chez les adultes comme l’anorexie mentale, la boulimie, l’hyperphagie, le surpoids et l’obésité (cf. onglet Adultes).

Procédures

À la Clinique des troubles de l’alimentation, nous avons une équipe de psychologues et nutritionnistes possédant une expertise dans le traitement des troubles du comportement alimentaire chez les enfants.

Nous débutons tout d’abord par une évaluation de la problématique de l’enfant.

Pour ce faire, à la première rencontre, nous rencontrons les parents et l’enfant en première partie de l’entretien et terminons l’entretien avec l’enfant seul. Par la suite, il est nécessaire d’effectuer une ou deux rencontres avec l’enfant seul pour, enfin, faire une rencontre bilan de l’évaluation avec les parents et l’enfant. Le plan de traitement est ensuite suggéré.

Lors du suivi avec l’enfant il peut être recommandé une rencontre en guidance parentale afin d’outiller et d’accompagner les parents.

Nous rencontrons ponctuellement la famille afin de faire des bilans.

Il est à noter que nous offrons également la thérapie familiale selon les besoins et la problématique.

Informations sur le processus

L’évaluation psychologique d’un enfant peut parfois paraître mystérieuse pour les parents : même les adultes ont de la difficulté à mettre des mots sur leur souffrance, comment mon enfant fera‑t‑il ?

Le psychologue spécialisé en enfance utilisera divers médiums pour apprendre à connaître votre enfant, ses émotions et ses pensées. Ces médiums sont principalement le jeu et le dessin. Ils seront également utilisés dans la thérapie et ce, selon le niveau de développement de votre enfant, ainsi qu’en fonction des résultats de l’évaluation (nature de la problématique, fonction de la problématique).

Les enfants vont parfois choisir le même jeu pendant de nombreuses séances afin de remettre en scène ce qui les préoccupe. Il est toujours très touchant et intéressant de voir le jeu évoluer au même rythme que l’enfant lui-même. Par contre, certains parents sont perplexes lorsqu’ils constatent que leur enfant joue aux poupées depuis plusieurs semaines ! En effet, ils se questionnent sur la pertinence de consulter un spécialiste alors qu’ils peuvent, eux aussi, jouer avec leur enfant. Cette question est très légitime. Il a été démontré que les enfants parlent d’eux et de leur vie à travers leurs jeux. Le psychologue peut comprendre, analyser et nommer ce qu’il voit, selon les principes appris dans ses études en psychologie. Ces interventions aident l’enfant à se comprendre, identifier ses émotions et pensées ainsi qu’éventuellement, gérer ses émotions.

Les parents sont souvent préoccupés par la notion de confidentialité. Ils rapportent généralement que leur enfant n’est pas très bavard quant au contenu des rencontres. Cela est normal et même souhaitable ! En effet, ce silence est la preuve que votre enfant s’approprie son espace et qu’il est ouvert à la thérapie. Afin de conserver cela, ainsi que la relation privilégiée entre l’enfant et son psychologue, ce dernier doit également rester avare de commentaires quant au déroulement des rencontres. Lors du bilan de l’évaluation, des bilans ponctuels ou lorsqu’il le jugera nécessaire, le psychologue avise l’enfant de l’information qu’il transmettra aux parents. Le psychologue demande à l’enfant de se montrer authentique et transparent, il doit donc servir de modèle !

Aussi, les parents mentionnent souvent se sentir exclus du processus thérapeutique. Ici, le psychologue a tout un défi : celui de conjuguer le besoin de l’enfant de ne pas être « envahi » par la présence de ses parents en thérapie et celui des parents d’être impliqués. Le niveau d’implication des parents est déterminé par les besoins de ceux-ci, mais également de la nature de la problématique et des résultats de l’évaluation. Alors que dans certaines situations, la trop grande implication des parents peut se montrer contre-productive, dans d’autres, elle est essentielle pour l’efficacité du traitement.

Certains parents questionnent également la fréquence des rendez-vous. Les études indiquent l’importance des suivis hebdomadaires. Cela est d’autant plus vrai dans la thérapie avec les enfants car la notion du temps est très différente pour eux. En effet, deux semaines sans voir leur psychologue peuvent leur paraître très longues, ce qui nuit à l’établissement du lien thérapeutique.

Parfois, les enfants verbalisent ne pas comprendre l’utilité de la thérapie et disent ne pas constater de changements après quelques semaines. Cela est normal, surtout pour les problématiques demandant une thérapie à plus long terme (ex : estime de soi, troubles alimentaires). Les enfants ressentent l’ambivalence des parents. Ainsi, il apparait important que ces derniers croient à la nécessité du traitement et qu’ils ressentent une confiance à l’égard du psychologue. Le meilleur prédicteur de la réussite d’une thérapie est l’alliance thérapeutique entre le client (enfant et parents ici) et le psychologue. Cette alliance est composée du lien affectif entre l’enfant et le psychologue, de l’entente mutuelle d’un but à atteindre (but qui est entériné par l’enfant, le thérapeute, mais aussi les parents) ainsi que des tâches (les moyens utilisés pour atteindre ce but). La présence d’une bonne alliance thérapeutique est un excellent départ pour aider votre enfant dans ses difficultés.

Votre premier contact avec nous

Nos services sont offerts en français et en anglais. Une référence d’un médecin n’est pas nécessaire pour rencontrer un professionnel à la Clinique des Troubles de l’Alimentation. Les honoraires sont remboursables par la majorité des compagnies d’assurances et ils sont déductibles d’impôt.

Nous offrons des services de 8h à 21h du lundi au vendredi ainsi que de 9h à 16h le samedi.